samedi, 22 mars 2008

Les bunyetes de ma grand-mère

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On écrit bunyete ou bunyette cela n'a aucune importance car c'est le résultat qui compte. Douceur du Roussillon, la bunyete (prononcer bugniète) est une galette frite sucrée que l'on confectionne traditionnellement à Pâques. C'est le dessert festif de toutes les familles qui aprés le repas du dimanche réclament les bunyetes. Les hommes souvent trempent un morceau dans un verre de muscat de Rivesaltes, un Maury, un Banyuls hors d'âge. Ramolli, il fond dans la bouche et explose en mille saveurs. Car c'est ça les bunyetes, un mélange de saveurs qui se développe pendant que l'on pétrit tous les ingrédients de la pâte, qui s'amplifie lorsqu'on ouvre le fichu dans lequel on a enveloppé la boule pour qu'elle lève, qui envahit la maison pendant que l'on étire les petits patons, et que l'on fait frire les fines galettes.Autrefois on faisait les bunyetes en famille de Vendredi Saint. Chez mes grands-mères, Marie et Charlotte, je participais à tout, mélange des ingrédients jsuqu'à l'étape finale la cuisson. Pendant les heures d'attente, lorsque la pâte bien au chaud levait doucement, je trépignais et j'allais voir en cachette si, enfin, c'était le moment. En fin d'aprés-midi, toute la famille se réunissait, mes parents, ma marraine, mon frère et moi. Alors commençait un ballet bien réglé. L'énorme boule était déposée sur la table de la cuisine, mon père découpait de larges bandes de pâte qu'il retaillait encore en toutes petites boules. Ma mère, ma marraine et moi nous prenions des bouteilles, nous jetions de la farine sur la table et on étirait jusqu'à obtenir une galette fine, de la grandeur d'une assiette. Mon grand-père Louis enveloppé dans un immense tablier, régnait en maître devant les poêles et faisait frire. Ma grand-mère Marie sucrait abondamment les galettes dorées et croustillantes. Mon frère trépignait parce qu' on ne voulait pas faire cuire ses bonhommes et ses animaux confectionnés avec des restes de pâte. Chez ma grand-mère Charlotte la cérémonie était la même avec une variante, elle étirait les patons sur ses genoux. Je la revois encore descendre ses bas noirs, jeter un grand torchon blanc sur ses jambes, et étirer doucement avec lenteur et délicatesse un bout de pâte, le transformer en une galette fine et transparente, c'était magique. Je me souviens m'être "goinfrée" de ces galettes chaudes et sucrées (c'est trop bon chaud !!) Depuis deux ou trois ans je me suis lancée seule dans la confection des bunyetes, voici la recette familiale et je vous la donne avec plaisir :
Pour 1 kg de farine : 6 oeufs, 200grs de beurre fondu, 3 cls à soupe de fleur d'oranger, 55grs de levure boulangère, 2 jus de citron + les zestes râpés, 4 cls à soupe de sucre fin. Aprés avoir tout mélangé, ma mère rajoute 200 grs de farine et 10 grs de levure en plus à la pâte.
Il faut ensuite "mettre la pâte à lever", c'est-à-dire l'envelopper dans un tissu bien chaud et la placer dans un endroit ensoleillé ou à côté d'une source de chaleur. Quatre heures plus tard, environ, la boule a doublé voire triplé de volume, la pâte est prête.
Prenez une grande poêle profonde, faites chauffer de l'huile et déposez les galettes étirées. Elles vont alors gonfler et se dorer, il faut les tourner pour qu'elles soient bien cuites de chaque côté. Posez les ensuite sur du papier absorbant, et sucrez les abondamment.
Enfin déposez les, tièdes, dans de beaux torchons blancs et rangez les dans une cagette en bois, le tout au frais. Elles se conservent environ deux semaines, bien moins chez moi.
J'oubliais, n'hésitez pas à mettre un peu d'amour dans la recette, ellle n'en sera que meilleure.
Bonnes bunyettes" amb un cop de vi dolç" comme disait mon grand-père.

Lune et Soleil

jeudi, 07 février 2008

Jan de l'Os

Chaque année début février se tient à St Laurent de Cerdans et Prats de Mollo et Arles sur tech ( villages du Vallespir dans les Pyrénées Orientales) la fête de l'ours.
Qui est-il cet ours ?
C'est Jan de l'Os.

Il y a fort longtemps, une jeune fille qui ramassait du bois fut enlevée par un ours.
Prisonnière dans une caverne elle donna naissance à un être mi-homme mi-ours, Jan. Le petit être était couvert de poils et n'était jamais rassasié du lait de sa mère.
Le temps passa. Devenu grand et fort il observa attentivement le manège de son père lorsque celui-ci sortait et rentrait dans la caverne. Il fit de même : s'appuyant de toutes ses forces sur l'énorme rocher qui bouchait l'entrée de la caverne, il l'envoya loin de l'ouverture. Alors prenant sa mère par la main il l'entraîna vers la vallée, vers les humains.
Le pauvre ours pleura longtemps la perte de sa compagne et de son fils.

En quoi consiste la fête de l'ours ?

Un homme vêtu d'une peau d'ours, le visage, les bras noircis part se cacher dans la nature. Un chasseur appelle les villageois à faire sortir l'ours qui a enlevé une jeune fille du village. Une troupe se forme, la bête a été aperçue, elle est traquée et rabattue vers le village. Enchaîné, il est promené à travers tout le village où il barbouille de noir toutes les filles qu'il croise. Puis, immobilisé, il est jugé et condamné à être rasé. Le chef des chasseurs exécute la sentence. Bien rasé, l'ours prend visage humain et est accepté par la communauté du village.
Et tout se termine par des danses, des sardanes bien sûr.

Si vous allez voir la fête de l'ours, attention le noir ça tache !!