mardi, 06 mai 2008
Le jongleur hongrois

Je songeais que cet homme était plein de prières,
Et je regardais, sourd à ce que nous disions
Sa bure où je voyais des constellations.
Le Mendiant, Victor Hugo
Jongle, jongle, jongleur hongrois
Je te vois depuis des semaines
Tu as les yeux verts comme moi
Je passe
Tu me souris
Tu es toujours au même endroit
Ta veste bleue d'autrefois est lassée d'avoir froid
Ton pantalon n'est pas fait pour toi
Ta casquette posée au sol crie de misère
Comme j'ai honte de ne t'avoir donné que quelques misérables pièces
L'autre jour tu lançais tes balles, elles sont tombées à mes pieds, tu m'as fait rire
Ce matin je t'ai tendu la main, tu l'as prise, tu t'es incliné et j'ai vu tes yeux briller
Nous avons un peu parler
Toi dans ta lanque et quelques mots de français
Moi.... comme j'ai pu, mais on se comprenait
Ce soir tu seras au péage de l'autoroute et je ne te reverrai pas
Pourquoi
Pas de papiers, trop compliqué rester
Je pense à toi le saltimbanque, si maladroit
Je me surprends à rêver, reprends encore ma main, encore...
Lune et Soleil
08:32 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : SDF
dimanche, 20 avril 2008
Le Poëte

Le poëte est un scrupule dans notre chaussure
Le poëte est un voyageur sans bagages
Le poëte est un verbe dans la bouche
Le poëte est un aboyeur public
Le poëte est un témoin qui dérange
Le poëte est celui par qui le scandale arrive, malheur à lui
Le poëte est mis au pilori
Le poëte est l'allumeur de son autodafé
Le poëte est nu
Le poëte éclaire nos misérables vies
Le poëte est un homme seul
Rage, sang, misère, haine, injustice, racisme, guerre, émeute, dictature, colonialisme, torture, douleur, nostalgie, temps qui passe sont le lit du poëte. Pauvre de lui. Pauvre de nous.
A tous les poëtes et poëtesses d'hier, d'aujourd'hui et de demain.
Lune et Soleil
22:17 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : poëte


